Elegie
J´ai vu décliner comme un songe, cruel mensonge!
Tout mon bonheur.
Au lieu de la douce espérance, l´ai la souffrance et la douleur.
Autrefois ma folle jeunesse chantait sans cesse l´hymne d´amour.
Mais la chimère caressée s´est effacée en un seul jour.
J´ai dû souffrir mon long martyre sans le maudire, sans soupirer.
Le seul remède sur la terre, à ma misère, est de pleurer.

Chanson d'amour
J´aime tes yeux,
j´aime ton front,
Ô ma rebelle, ô ma farouche,
J´aime tes yeux, j´aime ta bouche
Où mes baisers s´épuiseront.
J´aime ta voix, j´aime l´étrange
Grâce de tout ce que tu dis,
Ô ma rebelle, ô mon cher ange,
Mon enfer et mon paradis!
J´aime tes yeux, j´aime ton front,
Ô ma rebelle, ô ma farouche,
J´aime tes yeux, j´aime ta bouche
Où mes baisers s´épuiseront.
J´aime tout ce qui te fait belle,
De tes pieds jusqu´à tes cheveux,
Ô toi vers qui montent mes vœux,
Ô ma farouche, ô ma rebelle!
J´aime tes yeux, j´aime ton front,
Ô ma rebelle, ô ma farouche,
J´aime tes yeux, j´aime ta bouche
Où mes baisers s´épuiseront.
Où mes baisers s´épuiseront.

Barcarolle
Gondolier du Rialto
Mon château c´est la lagune,
Mon jardin c´est le Lido.
Mon rideau le clair de lune,
Gondolier du grand canal,
Pour fanal j´ai la croisée
Où s´allument tous les soirs,
Tes yeux noirs mon épousée.
Ma gondole est aux heureux,
Deux à deux je les promène,
Et les vents légers et frais
Sont discret sur mon domaine.
J´ai passé dans les amours,
Plus de jours et de nuits folles,
Que Venise n´a d´ilots
Que ses flots n´ont de gondoles.

Apres un reve
Dans un sommeil que charmait ton image
Je rêvais le bonheur ardent mirage,
Tes yeux étaient plus doux, ta voix pure et sonore,
Tu rayonnais comme un ciel éclairé par l´aurore;
Tu m´appelais et je quittais la terre
Pour m´enfuir avec toi vers la lumière,
Les cieux pour nous entr´ouvraient leurs nues,
Splendeurs inconnues, lueurs divines entrevues,
Hélas!
Hélas! triste réveil des songes
Je t´appelle, ô nuit, rends moi tes mensonges,
Reviens, reviens radieuse,
Reviens ô nuit mystérieuse!

Adieu
Comme tout meurt vite et la rose déclose,
et les frais manteaux diaprés des près les longs soupirs,
les bienaimées, fumées.
On voit, dans ce monde léger,
changer plus vite que les flots des grèves nos rêves,
plus vite que le givre en fleur, nos cœurs.
A vous l´on se croyait fidèle, cruelle, mais hélas!
Les plus longs amours sont courts.
Et je dis en quittant vos charmes, sans larmes,
presqu´au moment de mon aveu, adieu.

Gnossienne Nr. 4

Air du poete
Au pays de
Papouasie j´ai caressé la
Pouasie... la grâce que je vous souhaite c´est de n´être pas
Papouète

Spleen
Dans un vieux square
où l´océan du mauvais temps
met son séant sur
un banc triste aux yeux de pluie
c´est d´une blonde rosse
et gironde que tu t´ennuies
et dans ce cabaret du Néant
qu´est notre vie?

Daphénéo
Dis-moi,
Daphénéo,
quel est donc cet arbre dont
les fruits sont des oiseaux qui pleurent?
Cet arbre,
Chrysaline, est un oisetier Ah!
Je croyais que les noisetiers donnaient
des noisettes, Daphénéo.
Oui, Chrysaline,
les noisettiers donnent des noisettes
mais les oisetiers donnent
des oiseaux qui pleurent. Ah!

Air du rat
Abi Abirounère qui que tu n´étais donc?
Une blanche monère un jo un joli goulifon un œil un œil
à son pépère un jo un joli goulifon

Chanson medievale
Vomme je m´em retournais de la fontaine avec ma servante
Un chevalier avec son écuyer passa par le chemin
Je ne sais si l´écuyer s´inquiéta de ma servante,
Mais le chevalier s´arrêta pour me regarder à l´aise
Et il me regarda d´une telle ardeur que je crus dans ses yeux voir
briller son cœur.

Chanson
Bien courte, hélas!
est l´espérance
Et bien court aussi le plaisir
Et jamais en nous leur présence,
Ne dura tant que le désir.
Bien courte hélas! est la jeunesse
Bien court est le temps de l´amour
Et le serment d´une maîtresse
Ne dura jamais plus d´un jour.
Celui qui met toute sa joie
Et son espoir en la beauté,
Souvent y laissant sa gaité.
D´un dur souci devient la proie.

Kaddisch
Yithgaddal weyithkaddash
scheméh rabba be´olmâ diverâ ´khire´
outhé veyamli´kh mal´
khouté behayyé´khôn,
ouveyome´khôn ouve´hayyé de´khol
beth yisraël ba´agalâ ouvizman qariw weimrou.
Amen.
Yithbara´kh, weyischtaba´h weyithpaêr weyithromam
weyithnassé weyithhaddar weyith´
allé weyithhallal scheméh deqoudschâ beri´kh hou.
Le´êlà min kol bir´khatha weschiratha touschbehatha
wene´hamathâ daamirân ah! be´olma ah! ah! ah! ah!
Weïmrou Amen.

Gnossienne Nr. 1

Hymne
Langes de tous les fils
manteau de tous les pères suaire
des héros étoffe teinte
à la veine d´un peuple
Salut Drapeau!
Ta hampe est le grand mat de l´Argo national
ta hampe est la colonne où un peuple s´appuye
il est mort si tu penches,
si tu tombes,
avili Salut Drapeau!
Voile gonflé par toutes les poitrines orgueilleux labarum
aile éployée des foules palpitantes tu portes dans ton vol le destin
d´une race!
Symbôle généreux idéal collectif Salut Drapeau!

Pie Jesu
Pie Jesu
Domine dona eis requiem dona eis requiem
Pie Jesu
Domine dona eis sempiternam dona eis sempiternam dona eis
Domine dona eis sempiternam sempiternam requiem sempiternam requiem
Pie Jesu
Pie Jesu
Domine dona eis dona eis sempiternam requiem sempiternam requiem.
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